Concernant la délivrance de la lettre de crédit, l'accusation affirme que cette lettre a été rédigée par le défendeur 1 dans l'intention de faire défaut au fournisseur, en introduisant diverses réserves, afin de permettre la saisie des biens sans les payer.
L'accusation reconnaît que dans une grande partie des lettres de crédit ouvertes par les banques au cours des années concernées, des incohérences ont été découvertes dans les documents, ce qui a conduit à des réserves. Cependant, dans la grande majorité des cas, les importateurs suppriment les réservations, ce qui permet d'utiliser correctement les lettres de crédit et de libérer les marchandises, ce qui n'a pas été fait dans ce cas.
À cet égard, l'accusation s'appuie sur le témoignage d'Aharon Calderón, qui, selon lui, savait que les lettres de crédit, qui font l'objet des charges 1 et 2, ne seraient pas honorées en raison des diverses réserves. Ce témoin a déclaré qu'il avait accepté d'ouvrir les lettres de crédit sans garantie seulement après avoir été assuré qu'il y aurait des réserves sur les documents, et qu'il ne serait ainsi pas obligé de payer les sommes relatives à ces lettres de crédit. Selon l'accusation, le témoignage de Calderón n'a pas été érodé lors de son contre-interrogatoire et mérite une pleine confiance, et lui ainsi que les lettres de crédit elles-mêmes suffisent à obliger la condamnation du prévenu 1 des infractions frauduleuses.
À l'appui de l'affirmation selon laquelle la lettre de crédit, qui fait l'objet de l'acte d'accusation 1, a été ouverte et que les marchandises ont été commandées sans intention de les payer, l'accusation conclut que le commandant des marchandises auprès du défendeur 1, Haim Buchris, était en procédure de faillite et n'était pas tenu de fournir une garantie contre l'ouverture de la lettre de crédit, mais plutôt de ne payer les marchandises qu'après leur vente à des clients en Israël.
L'accusation soutient en outre que la version de l'accusé 1, selon laquelle Buchris devait payer la somme à l'avance et en espèces, est une version supprimée qui n'a été présentée que pendant le procès, et qu'en tout cas, elle n'a pas été présentée aux témoins de l'accusation Calderón et Buchris lors de leur témoignage au procès. L'explication du fait que Buchris n'a pas contredit la version du prévenu 1 repose, selon l'avis de l'accusation, dans le fait que Buchris était en faillite, et que s'il avait été présenté à cette version, il l'aurait rejetée d'emblée. La version de Buchris, selon laquelle il devait payer seulement après la vente des marchandises, est étayée par le témoignage de Shlomo Matuk, qui a entendu les paroles de Buchris et du prévenu 1, au moment des événements.