Même le retard dans le dépôt de l'acte d'accusation ne justifie pas d'accepter la défense de la justice. En effet, l'acte d'accusation a été déposé environ cinq ans après les infractions présumées, mais il convient de se rappeler qu'il s'agit d'une enquête complexe et sensible impliquant des enquêteurs des douanes et de la police israélienne, qui ont dû enquêter sur de nombreuses affaires impliquées par des tiers-Quelques-uns. Dans ces circonstances, et même s'il était approprié d'accélérer autant que possible le dépôt de l'acte d'accusation, il ne faut pas se plaindre auprès du ministère public ou des autorités d'enquête, et cela ne justifie certainement pas l'annulation de l'acte d'accusation. Il convient de noter qu'une des raisons sous-jacentes à ce retard concerne l'impossibilité d'interroger Elhanan Tenenbaum, qui a passé plusieurs années en captivité du Hezbollah et il n'a pas été possible d'examiner certaines questions soulevées lors de l'interrogatoire, en son absence.
À cet égard, il convient de noter que le témoignage d'Elchanan Tenenbaum était important, du moins en ce qui concerne certains passages.
L'avocat des prévenus a détaillé ce qu'ils percevaient comme les échecs de l'enquête et de la poursuite. J'ai examiné les arguments sérieusement, et je n'ai pas estimé qu'il s'agissait d'omissions qui compromettaient substantiellement la capacité des défendeurs à se défendre ou à soulever un doute raisonnable quant à leur culpabilité. Comme l'a déclaré la décision de la Cour suprême : « La réalité prouve que dans presque tous les cas, il est possible de pointer du doigt des échecs d'enquête d'une forme ou d'une autre... La question est de savoir dans quelle mesure le 'néant' ronge le poids de l''être'... »(Appel pénal 9908/04 Nasreddin c. État d'Israël [inédit, [publié à Nevo], rendu le 31 juillet 2006]). Je n'ai pas eu l'impression que les enquêteurs menaient une enquête tendancieuse et avaient un seul objectif en tête : obtenir la condamnation des prévenus, en tout ou en partie, à tout prix. L'affirmation selon laquelle les interrogateurs auraient fait comprendre aux interrogés que s'ils incriminaient les accusés, ils se sauveraient d'un enchevêtrement criminel, n'a pas été prouvée devant moi, et cela contredit même les preuves contenues dans le dossier.