Muhammad a également raconté à l'informateur qu'il avait franchi le point de contrôle le 14 juin 2019 et qu'il était seul lorsqu'il est entré en Israël depuis les territoires occupés à Mazda. Mohammed a également évoqué le fait qu'il devrait rester en prison, « Vingt ans, quinze ans. » (P/20A, p. 7, paras. 13-34).
Le fait que, lors de ses conversations avec l'informateur, Muhammad ait estimé la peine qui pourrait lui être infligée est bien sûr significatif (voir aussi P/20A, p. 12, paras. 20-25), mais il est encore plus important que, tout au long de toutes les conversations avec l'informateur, Muhammad n'évalue pas une seule fois la possibilité d'acquittement et de libération. Le fait que Muhammad ne suppose pas une seule seconde qu'il ne sera pas condamné et emprisonné pendant de nombreuses années pour cet acte contient aussi sa propre évaluation selon laquelle les preuves en sa possession constituent une preuve de poids qui conduira à sa condamnation.
La possibilité de l'existence d'un informateur – Lors de la conversation avec l'informateur, Muhammad a également évoqué la possibilité de l'existence d'un informateur, notant, entre autres, concernant une autre personne : « Il m'appelle Muhammad... Il est doublé, lui ai-je dit, je sais pourquoi ? Parce qu'il est venu... Quiconque entre et dit quels maniaques sont alors surnommés... » (p/16A, p. 51, paras. 13-22).
En ces mots, il est clair que Muhammad est conscient de la possibilité de l'existence d'un informateur comme moyen d'interrogatoire, ce qui indique qu'il n'a pas été privé de sa liberté de volonté selon ses propres mots, puisqu'il connaissait les outils d'interrogatoire et a même affirmé pouvoir l'identifier.
Le sentiment de proximité et d'ouverture de Muhammad envers l'informateur – Il convient de souligner que lors de la conversation P/17, Muhammad dit explicitement à l'informateur, entre autres choses, « Je n'aime pas parler... Mais avec toi, je me sens à l'aise avec toi, je le jure devant Dieu » (P/17A, p. 49, paras. 15-16), et ces mots souligneront aussi la proximité de Muhammad avec l'informateur, et le fait qu'il n'a pas été privé de la liberté de dire ce qu'il a sur le cœur.