Plus tard dans l'interrogatoire du prévenu 2, l'interrogateur lui explique ce que vous calculez pour lui, et l'accusé répond qu'il sera tué et pleure (ibid., p. 41, s. 9).
Au cours de ses déclarations susmentionnées, l'accusé 2 explique à l'interrogateur l'illogique d'avoir accompli toutes les actions détaillées à son sujet dans l'acte d'accusation, avec son téléphone, sa voiture, l'Ituran dans la voiture et ses tongs, et la réponse de l'enquêteur Zeitun est que cela lui semble vraiment étrange :
« Interrogateur Munir Al-Assoui : Tout cela n'est que ..... Je suis venu ici avec mon téléphone..... Peu importe où je sais qu'on va avoir un truc comme ça, je prendrais mon téléphone, je conduirais ma voiture....... Je viendrais avec le téléphone, je viendrais avec la voiture avec l'Ituran, je ferais tout.
Interrogateur : C'est ça qui me paraît étrange..." (ibid., p. 41, paras. 6-13).
Plus tard dans son interrogatoire, l'accusé 2 continue de répéter sa déclaration selon laquelle il n'a rien fait, car il était une victime (ibid., p. 45), puis il pleure en disant : « Je viens de manger un sachet de chava » (ibid., p. 47, s. 9), « Je sais que je suis une victime » (ibid., p. 48, p. 9), puis il dit : « Je ne suis pas un maniaque, j'ai fait une erreur » (p. 50, s. 22).
Plus tard dans son interrogatoire, l'interrogateur Zeitoun demande à l'accusé pourquoi il est resté en prison sans raison s'il n'a rien fait, et l'accusé 2 répond que s'il parle, il sera tué :
« Chercheur n° 1, Eyal Zeitoun : Pourquoi rester silencieux, pourquoi si vous ne faisiez rien, pourquoi ?
Interrogé Munir Al-Asswi : Ils vont me tuer.
Chercheur n° 1, Eyal Zeitoun : Pourquoi vous tueraient-ils
Interrogé par Munir Al-Assawi : Ils diront que je suis un informateur » (ibid., pp. 51, paras. 32-35).
En effet, lors de son interrogatoire du 29 juillet 2019 (P/12B), comme indiqué, le prévenu 2 est resté silencieux dans son ensemble et n'a rien dit, mais comme mentionné plus haut, de ses propos lors de cet interrogatoire, une histoire émerge néanmoins selon laquelle les actes qu'il a commis ont été perpétrés alors qu'il était trompé par un autre et qu'en réalité il est innocent. En effet, on peut soutenir avec une logique considérable qu'il est possible que toute la version du prévenu dans son interrogatoire soit fausse, puisqu'il s'agit de déclarations faites lors de son quatrième interrogatoire, un mois après son premier interrogatoire et après que des preuves lui ont été présentées. En même temps, et malgré ce qui précède, il ne sera pas possible d'ignorer complètement le fait que cette version semble authentique (le prévenu pleure beaucoup) dans une certaine mesure, et qu'elle est certainement relativement cohérente et « correspond » à la « version sur la drogue » qui a été détaillée plus tard devant le tribunal (selon laquelle il a « mangé » un dossier qui n'a rien à voir avec ça, et que Dieu paiera « eux », et qu'il est une victime, qui craint que s'il parle, il soit éliminé car il sera considéré comme un informateur), même si elle ne mentionne pas explicitement les noms des personnes impliquées et ne précise pas dans quelle mesure la transaction concernait le vol et la vente de drogue. On peut aussi dire que l'affirmation du défendeur selon laquelle il avait peur de dire la vérité par crainte d'être éliminé s'il parlait ne semble pas totalement infondée.