Même en ce qui concerne l'abandon, la version du prévenu soulève de nombreuses questions, car même s'il a dit qu'il y avait des personnes sur les lieux, il n'est pas clair ce qui l'a poussé à fuir. Il n'y a aucune affirmation de la part du prévenu que les mêmes personnes qui l'ont menacé auraient tenté d'endommager sa voiture. Ainsi, par exemple, dans sa première déclaration à la police, il a déclaré que les cousins et frères du défunt étaient sur les lieux, « et je pensais que si j'étais arrêté, il m'arriverait quelque chose. » À la lumière de cette réponse, l'interrogateur s'est demandé comment il pouvait prétendre qu'au moment de l'attaque il ne savait pas qui il renversait, tout en affirmant que les frères de Henders étaient sur place. En réponse, le prévenu a changé de réponse et a affirmé que « c'était peut-être des frères ou des oncles » (P/24, p. 6). Comme cité ci-dessus, l'accusé a affirmé dans son témoignage au tribunal que son frère lui avait dit de continuer.
Les mensonges du prévenu à l'appui des preuves de l'accusation :
La jurisprudence stipule que les mensonges d'un prévenu sur un sujet important, prouvés par des preuves indépendantes et formulés dans le but de tromper, peuvent constituer un poids probant indépendant et renforcer les preuves de l'accusation, sous réserve de l'absence d'explication raisonnable pour ces mensonges. Les mensonges du prévenu peuvent constituer une aide, surtout à la lumière de l'hypothèse dominante qu'un prévenu qui ment le fait par sentiment de culpabilité et dans une tentative de se distancier de l'infraction et d'échapper à la peur de la loi. En plus de cela, les mensonges d'un prévenu peuvent découler d'un sentiment de détresse, de confusion ou de pression, et ne pas nécessairement indiquer la culpabilité. À la lumière de cela, plusieurs conditions cumulatives ont été établies selon lesquelles ce n'est que si elles sont remplies que les mensonges du prévenu peuvent constituer une aide : les mensonges doivent concerner une affaire matérielle et non une chose négligeable ; être clairs et non équivoques ; viser à contrecarrer l'enquête et à induire le tribunal en erreur ; être prouvé faux par des preuves positives et indépendantes ; et être lié à l'infraction à laquelle le procès porte (voir, entre autres, Appel pénal 1139/23 Anonyme c. État d'Israël (13 mars 2024) ; Appel pénal 5136/22 Avraham Locker c. État d'Israël (10 novembre 2024) ; Appel pénal 2050/21 Suleiman Al-Hawashla c. État d'Israël (16 mai 2023)