Avant d'aborder le différend susmentionné et la manière dont l'examinateur Partush (ainsi que le témoignage de l'expert de la défense), il convient de dire que, dès le départ, cette affaire n'est pas tranchée dans la manière des affaires « classiques » d'accidents de la route, par le travail des examinateurs, lorsque le témoignage de l'examinateur routier a un poids considérable dans la détermination de la faute du conducteur, et nous allons expliquer.
Le postulat d'une enquête sur un accident de voiture mortel est que l'auteur, en l'absence de preuves contradictoires, n'a pas envie de nuire au piéton et, dès qu'il le remarque, tentera de freiner ou d'éviter une blessure. Sur la base de cette hypothèse de base, une reconstitution est réalisée dans laquelle on examine si un conducteur « raisonnable » aurait pu freiner avant de percuter le défunt, étant donné le premier point où il aurait pu remarquer le piéton, et sa vitesse.
De même, le postulat pour reconstituer un accident de voiture mortel est que, en l'absence de toute autre indication, le piéton traverse la route d'un côté à l'autre à un rythme uniforme, à une vitesse normale (selon l'âge du piéton) et en ligne droite (et non en diagonale).
Dans notre cas, il n'y a aucun doute que le défendeur n'a jamais freiné à aucun moment, ni avant ni après l'impact. Le scénario de référence (selon le témoignage de Jaudat) ne consiste pas non plus à traverser une ligne droite à une vitesse uniforme, mais à une tentative de s'échapper d'un véhicule se déplaçant en direction du défunt alors qu'il était sur le trottoir puis plus tard sur la route.
De plus, même si l'on ignore la difficulté mentionnée et que l'on examine le cas uniquement du point de vue d'un accident de la route, le poids de la récupération est réduit, car même une situation où un conducteur conduit consciemment à une vitesse qui ne lui permet pas de freiner à temps (une situation où il remarque le défunt) peut être conciliée avec l'intention de tuer.
L'examinateur Partush l'a expliqué de ses propres mots, lorsqu'il a affirmé que, bien qu'il ait procédé à une « certaine reconstruction » (comme il l'appelait), cette affaire ne devait pas être traitée comme un accident de la route : « Parce qu'un accident de voiture est quelque chose d'involontaire, et dans ce cas, en l'occurrence, il y a une certaine intention ici. Je ne peux donc pas déterminer, au niveau d'une personne qui conduit soudainement et a dû réagir soudainement, qu'elle aurait dû réagir à la situation... » (p. 255). Et à la question de la raison pour laquelle il a fait la reconstitution de l'affaire, il a répondu que son but était de donner une certaine « indication » en supposant que le défendeur aurait voulu freiner.