Il convient de noter que lors de cet interrogatoire, compte tenu du silence de l'accusé, l'interrogateur a choisi de dire devant lui de nombreuses choses sans arrêt, de sorte que ses paroles ne ressemblaient pas à un interrogatoire mais plutôt à un sermon. Le comportement de l'interrogateur est quelque peu étrange et pas assez clair, et le fait de fumer fréquemment devant le visage de l'interrogé est également inapproprié, mais en même temps, l'accusé reste sur place, assis et silencieux. C'est ici qu'il faut noter que lorsqu'on lui a montré une vidéo [des caméras de sécurité dans le complexe commercial de Rafi Abdayev], le prévenu s'est retrouvé à la regarder et ne l'a pas ignorée, contrairement à sa conduite par rapport au reste des déclarations de l'interrogateur.
Lors du troisième interrogatoire, qui a eu lieu le 6 avril 2021, lorsque l'interrogateur s'est initialement retrouvé derrière une cloison (P/3, P/3B, témoignage de Fouad Fares, 7 décembre 2022, p. 5 et suivantes), le prévenu a eu droit à une consultation « longue », et selon l'interrogateur Fuad Fares, la consultation a eu lieu (de manière inhabituelle) dans un coin à l'extérieur du commissariat pendant plus de 20 minutes, et l'interrogateur l'a également noté au début de l'interrogatoire. Au début de l'interrogatoire, l'accusé a déclaré qu'il n'avait aucune confiance dans la police israélienne et a donc clairement indiqué qu'il ne coopérerait pas. Il s'est également plaint de l'attitude de la police envers son ex-femme et ses enfants. Il a déclaré qu'il ne s'adresserait pas aux plaignants en vertu de diverses lois, puisqu'il s'agit d'un organisme qui collabore avec la police. L'interrogateur et l'accusé se sont affrontés violemment au début de l'interrogatoire, mais dès que l'interrogateur a mentionné le meurtre du défunt, l'accusé a cessé de coopérer. Il a également accusé l'interrogateur qu'avec un interrogateur comme lui, il n'y a pas besoin de la cour, puisqu'il n'est pas seulement un enquêteur mais aussi un bourreau. On lui a montré une vidéo du parc automobile d'Eliran Sabag. Le prévenu a regardé mais n'a pas répondu à ce qui a été vu dans la vidéo ni aux questions qu'on lui a posées dans son sillage. Il en va de même pour d'autres vidéos montrées par des caméras de sécurité de stations-service, datées du 23 mars 2021, dans lesquelles il arrive avec la voiture Chevrolet et remplit l'air avec les roues. Dans une autre vidéo d'une autre caméra, on voit le prévenu ravitailler la Chevrolet. On lui a également montré une vidéo où il entrait dans une supérette, sortait de l'argent, approchait la vendeuse, puis sortait pour faire le plein. Le prévenu a été explicitement interrogé sur son explication pour le fait que, le lendemain, les deux meurtriers du défunt aient été vus monter dans la Chevrolet, mais il est resté silencieux.