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Appel civil 4628/93 État d’Israël c. Apropim Housing and Development (1991) Ltd. ISRSC 49(2) 265 - part 50

avril 6, 1995
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L'interprétation au sens étroit et l'interprétation au sens large

  1. L'activité judiciaire normative dans le contexte d'un texte juridique est de divers types. Au cœur de cette activité se trouve l'interprétation « au sens étroit » (voir : Civil Appeal 154/80 [28], supra, p. 223 ; L'affaire Ata [1], p. 992 ; Civil Appeal 719/89 [43] supra, p. 312). Cette dernière s'intéresse à donner un sens au langage du texte.  Lorsque le texte juridique est promulgué (constitution, loi, règlement), cette activité consiste à donner un sens (juridique) à la variété des significations (linguistiques) de la loi.  Lorsque le texte est un contrat ou un testament, cette activité consiste à donner un sens au texte du contrat, ou au langage du testament.  Cette activité est en partie abordée à l'article 25(a) de la loi sur les contrats (partie générale) et à l'article 54 de la loi sur les successions, 5725-1965. Comme nous l'avons vu, le critère accepté, selon lequel le sens juridique est « extrait » de divers sens linguistiques, est le but qui repose  sur la

 

norme « emprisonnée » dans le texte.  Cette activité exégétique est « étroite » car elle n'ajoute ni ne soustrait au langage du texte.  Toute sa force réside uniquement dans la signification d'un texte donné.  Parallèlement à cette activité judiciaire, d'autres activités judiciaires normatives sont reconnues, également liées au texte juridique.  On peut les appeler interprétation au sens le plus large.  La liste de ces documents n'est pas fermée.  Je mentionnerai trois types d'activités bar-textuelles : Premièrement, parfois la question cruciale n'est pas seulement la signification du texte (c'est-à-dire son interprétation étroite), mais surtout sa validité.  Ainsi, par exemple, la question peut être la validité d'une norme basse versus une norme supérieure (droit contre constitution, réglementation contre droit, contrat personnel vs contrat collectif).  Parfois, la question qui se pose est la validité de normes contradictoires ayant le même statut normatif (comme une contradiction entre deux lois, deux contrats ou deux testaments).  Il peut même y avoir un problème de validité dans le cadre d'un texte uniforme, comme une contradiction entre les deux parties d'une loi, entre les deux parties d'un contrat ou entre les deux parties d'un testament.  La frontière séparant les questions de sens des questions de validité est mince.  Parfois, la distinction est difficile.  Toute question de validité de la vie d'une fille traite des questions de sens, mais toutes les questions de sens ne soulèvent pas des problèmes de validité.  Deuxièmement, parfois la question décisive n'est pas seulement la signification du langage du texte (c'est-à-dire son interprétation étroite), mais aussi la possibilité de modifier ce sens en ajoutant ou en soustrayant un langage ou en donnant un sens à un texte qui est incompatible avec son sens dans la langue dans laquelle il est exprimé.  Le juge est invité à modifier le texte et ainsi à modifier son sens.  L'autorité naturelle pour changer la langue du texte est, bien sûr, donnée au créateur du texte.  Cependant, il existe diverses situations dans lesquelles le système juridique reconnaît le pouvoir du juge de modifier le texte juridique.  Il peut, dans ces situations particulières, ajouter des mots au texte ou en soustraire quelque chose, ou lui donner un sens que sa langue d'origine ne peut supporter.  Ainsi, par exemple, un juge peut corriger une erreur dans un testament (article 30(b) de la loi sur les successions) ou dans un contrat (  article 16 de la loi sur les contrats (partie générale)) ou une erreur linguistique dans la formulation de la loi (article 10A de l'ordonnance sur les procédures  gouvernementales et juridiques, 5708-1948).  Le juge peut également ajouter ou soustraire le texte (« privé » ou « public ») afin d'éviter l'absurdité ou contrecarrer l'objectif sous-jacent au texte.  La classification analytique de cette activité est déterminée selon la tradition juridique du système juridique.  Il semble qu'en Israël, nous appelions cette activité interprétation.  C'est une interprétation au sens le plus large.  Ici aussi, la ligne séparant l'interprétation au sens étroit et l'interprétation au sens large est mince.  Souvent, il n'y a aucune importance dans le caractère particulier de l'activité.  Troisièmement, parfois un vide ou une lacune est découvert dans la norme juridique.  Dans certaines conditions, le juge peut combler les lacunes.  Une lacune du droit est comblée selon les critères des Fondements du droit 5740-1980.  L'activité interprétative (au sens restreint) localise le vide.  L'achèvement de cela – qui concerne la création d'un nouveau texte (judiciaire) qui complète le texte (original) – n'est pas une activité exégétique au sens strict.  Le juge ne se satisfait pas de donner un sens à un texte existant, mais d'en ajouter un nouveau.  La tradition juridique du système juridique devrait, bien sûr, classer ce type d'activité.

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