« En effet, aujourd'hui, le principe de la responsabilité pénale des entreprises est un fondement institutionnel de notre droit.... Les raisons de la reconnaître sont principalement pragmatiques – la centralité des entreprises dans l'activité économique et la crainte que la non-reconnaissance de la responsabilité pénale des sociétés ne permette aux actes criminels d'être couverts sous le voile opaque de la structure d'entreprise. »
Mordechai Kremnitzer et Khaled Ganaim, « La responsabilité pénale d'une société » dans Sefer Shamgar, p. 33 (Partie 2, 2003, ci-après : Kremnitzer et Ganaim, Responsabilité des sociétés), analysent en détail dans leur article les fondements et principes du droit pénal et précisent que l'imposition d'une responsabilité pénale à la société répond à ces principes. Premièrement, les auteurs précisent que c'est l'implication croissante des entreprises dans la vie de la société et de l'individu qui a conduit à la nécessité de leur imposer une responsabilité pénale. Selon eux (p. 42 de l'article) :
« En raison de la prolifération des entreprises, de leur influence croissante dans la vie économique et sociale, et de leur implication dans les catastrophes qui frappent la société, il y a eu une augmentation du besoin de traiter la société différemment et de lui imposer une responsabilité légale. À cet égard, il convient de noter que les considérations ayant conduit au changement de position étaient principalement pragmatiques. Les tribunaux n'ont pas abordé la question d'un point de vue de principe et dogmatique. Les tribunaux n'accordaient pas une grande importance à la question de savoir si la nature et le rôle des lois pénales permettent l'imposition d'une responsabilité pénale à une société, mais se sont surtout intéressés à la manière dont une société peut être tenue pénalement responsable. Ce que les tribunaux voulaient, c'était principalement le résultat (imposer des lions criminels à une société) et non les principes du droit pénal. »