L'accusateur précise que l'exemption pour les agents dans ce cas est requise pour des raisons d'enquête. Concernant Aaronson et Hirsch, des accords de témoins de l'État ont été signés afin d'obtenir des informations en leur possession, et en effet incriminés, chacun selon sa version, Siemens. Quant à M. Weiss, il a obtenu l'immunité contre les poursuites afin qu'il puisse être convoqué à témoigner en Allemagne, où un suspect ne peut pas se présenter pour être interrogé. Dans ces circonstances, où il y avait un réel besoin d'exempter les dirigeants, il s'agit de circonstances exceptionnelles où, selon la jurisprudence, la société peut être poursuivie sans les dirigeants, les organes.
L'accusatrice fait également référence à la déclaration de Siemens Israel selon laquelle il n'était pas approprié de poursuivre et d'innocenter les organes, puisque Siemens Israel a coopéré avec l'accusatrice et note que cette coopération n'était pas proactive. Bien que Siemens ait intenté un procès contre Aaronson pour lui rendre l'argent qui devait servir de pot-de-vin et qui restait en sa possession, elle n'a pas contacté les autorités et a précisé qu'il disposait de sommes supplémentaires. Selon l'accusatrice, si Siemens Israël avait approché l'accusatrice de sa propre initiative, avant que les accords de témoins de l'État avec les organes ne soient conclus, il est possible qu'un tel accord aurait été conclu avec elle. Si, en revanche, comme le prétend Siemens Israël, il ne disposait d'aucune information et était entièrement entre les mains des organes, alors ce n'est pas un groupe égalitaire, car à cette époque il était très logique de conclure des accords avec les témoins de l'État et de leur accorder l'immunité, parallèlement à la poursuite de Siemens Israël.
L'accusateur soutient en outre que la base conceptuelle pour imposer une responsabilité pénale à une société en vertu de la doctrine des organes n'est pas seulement de dénoncer les délinquants après coup, mais avant tout de donner aux sociétés des incitations à empêcher la commission des infractions à l'avance. Selon elle, imposer une responsabilité personnelle à l'auteur de l'infraction vise à servir d'autres objectifs tels que la dissuasion et la représaille, tandis que l'imposition de responsabilité aux sociétés vise avant tout à inciter à prévenir la commission préalable des infractions par les organes. Selon elle, lorsque la société ne tire pas de bénéfices de la commission des infractions (comme dans le cas de décès par négligence), la société aura de toute façon des incitations pour tenter d'empêcher la commission des infractions. Ce n'est pas le cas , selon l'accusateur, lorsqu'il s'agit d'infractions telles que celles qui font l'objet de l'acte d'accusation devant moi, dont la société elle-même bénéficie. Selon l'accusateur, la difficulté à découvrir les infractions de corruption conduira au fait que si les dirigeants ne peuvent pas témoigner contre la société, celle-ci sera souvent blanchie des infractions qu'elle a commises et dont elle a profité, et n'aura aucune incitation à agir pour prévenir ces infractions.