De plus, la présomption d'attente peut s'appliquer à l'infraction de tentative de meurtre : «L'élément mental requis pour une condamnation pour tentative d'infraction est l'élément mental nécessaire à une condamnation de l'infraction accomplie, ainsi que l'élément mental d'un but de commettre cette infraction [...] Cela, à mon avis, n'enlève rien à la justification substantielle de l'utilisation de la règle des attentes" (Appel pénal 1599/08 Levinstein c. État d'Israël, paragraphe 40 du jugement du juge Melcer (19 février 2009)).
Voir aussi, dans ce contexte, les propos de la Cour suprême dans un appel pénal 10025/16 Anonyme c. État d'Israël, paragraphes 23-24 (10 août 2017) :
« Cependant, la profondeur de l'âme d'une personne et les secrets de son cœur ne peuvent toujours pas être prouvés par des preuves directes. Compte tenu de la difficulté inhérente à l'exigence de prouver qu'une personne souhaitait la mort d'une autre, une « présomption d'intention » a été développée dans la jurisprudence de cette Cour, selon laquelle une personne est présumée avoir eu l'intention des conséquences naturelles de ses actes (Criminal Appeal 8667/10 Nijim c. État d'Israël (27 décembre 2012) ; Appel pénal 686/80 Siman Tov c. État d'Israël, IsrSC 36(2) 253 (1982)). La présomption d'intention n'est pas une présomption absolue, et le prévenu a la possibilité de la contredire s'il parvient à soulever un doute raisonnable en présentant une conclusion alternative probable ou en présentant des preuves contredisant la présomption (Criminal Appeal 2592/15 Anonymous c. État d'Israël (6 juillet 2016) ; Appel pénal 5031/01 Anonymous c. État d'Israël, 57(6) 625 (2003)). Cependant, lorsque le prévenu ne soulève pas un doute raisonnable quant à son intention, la présomption d'intention devient une preuve concrète et concluante de l'intention du prévenu (voir, par exemple : Criminal Appeal 4655/12 Edri c. État d'Israël (29 septembre 2014) ; Appel pénal 1474/14 dans une certaine affaire). Il convient de noter que cette présomption est également valable dans l'infraction de tentative de meurtre, lorsqu'un acte a été commis pouvant entraîner un résultat fatal, même si pour des raisons ne dépendant pas du prévenu, ce résultat a finalement été évité (Appel pénal 690/10 Abu Tia c. État d'Israël (6 août 2013)).