Au fil du temps, plusieurs critères ont été développés en jurisprudence afin de traiter la complexité probatoire accompagnant les témoignages d'identification, et en particulier en ce qui concerne les deux points faibles de ce témoignage - la fausse identification et l'erreur d'identification (Criminal Appeal 8902/11 Haziza c. État d'Israël, para. 48 (15 novembre 2012)).
Le premier test traite de la crainte d'une fausse identification et se concentre sur un examen subjectif qui concerne la crédibilité du témoin qui l'identifie et la sincérité du témoignage. Ce faisant, « les détails du témoignage seront examinés : le degré de clarté, l'existence ou l'absence de contradictions, le contenu du témoignage, et la mesure dans laquelle le tribunal croit que le témoin décrit ce que ses yeux ont effectivement vu » (Abu Raqeq, au paragraphe 5).
Le second test traite de la préoccupation d'une erreur d'identification et se concentre sur un examen objectif de la fiabilité de l'identification en elle-même et de la justesse du témoignage, dans le cadre duquel les circonstances et conditions entourant l'identification seront examinées, y compris les conditions d'identification - l'angle de vue, les conditions de vision et l'état d'éclairage ; une connaissance préalable entre le témoin et le suspect ; des données personnelles du témoin ; la durée pendant laquelle le témoin a été exposé au suspect ; ainsi que l'affiliation socio-ethnique du suspect et du témoin (ibid.).
Sur le plan pratique, la pratique de réaliser une identification lors de l'interrogatoire a émergé, visant à examiner l'empreinte oculaire du témoin par des tests objectifs. Cependant, toutes les affaires ne nécessitent pas une identification préalable, et c'est le cas lorsqu'il existe une connaissance préalable entre le témoin oculaire et l'accusé. Dans ces affaires, nous ne traitons pas de l'identification du prévenu, mais plutôt du fait de le désigner, ce qui repose sur la crédibilité du témoin, en tenant compte des circonstances du lieu de l'incident et de la fiabilité du témoignage d'identification conformément aux deux critères détaillés ci-dessus (Criminal Appeal 779/19 Abu Madi'am c. État d'Israël, para. 12 (22 juillet 2019) ; Kedmi, p. 1178).