Le témoin, M. Abu Salah : Honnêtement, je ne vois pas dans quel interrogatoire c'était et je ne me souviens plus exactement de laquelle, mais si c'était vraiment le cas, c'était probablement en réponse à quelque chose qu'il a fait, si je lui ai dit qu'il était un trafiquant de drogue parce qu'il était un trafiquant, si je lui ai dit qu'il était un criminel parce qu'il était un criminel, je ne lui ai pas dit ça juste parce que je voulais l'insulter,
L'honorable juge Shitrit : Et qu'en est-il des autres expressions ?
Le témoin, M. Abu Salah : Et si je lui disais « garçon caca », je ne m'en souviens pas, je n'utilise pas habituellement ce genre d'expressions, si je disais que ça pourrait être quelque chose après un certain comportement chez lui, mais je...
L'honorable juge Hellman-Neusbaum : Pourtant, ce que dit le juge Sheetrit, c'est que vous et lui n'êtes pas dans la même mesure de pouvoir au-delà du fait qu'il fait l'objet d'une enquête pour suspicion d'une infraction très grave.
Le témoin, M. Abu Salah : Je peux souligner que je suis personnellement présent tout au long de l'enquête, surtout dans ma relation avec (Le Prévenu) Je me suis tellement bien comporté avec lui, je me souviens même que lors de ses audiences d'arrestation, l'avocat (pas clair) qui était le conducteur des audiences m'a envoyé des messages par SMS, le juge fait référence à votre attitude envers(Prévenu) D'un point de vue paternel, à ce titre, je crois que cela se reflète dans les protocoles, personnellement, dans mon attitude tout au long des interrogatoires, je me suis comportée envers lui, aussi bien pendant le voyage, pour la nourriture, tout, "
(Voir p. 62, ligne 15 à p. 63, ligne 7).
Il est évident que tout au long du processus d'interrogatoire, avec tous ses liens divers, les interrogateurs n'ont pas proféré de menaces explicites contre le prévenu. En même temps, nous nous intéressons à des interrogatoires longs et épuisants, au cours desquels les interrogateurs ont tenté, à plusieurs reprises, de briser le silence de l'accusé, par des questions répétées et même en affirmant que, bien qu'il ait le droit de garder le silence, il est préférable qu'il en donne une version car s'il ne donne pas une version détaillée, alors sa version ultérieure sera considérée comme une version supprimée qui ne pourra pas l'aider. De plus, à plus d'une occasion, les interrogateurs ont approché l'accusé et l'ont traité de surnoms insultants tels que ; « Criminel et « se comporte comme un criminel », « garçon Kaka » et autres surnoms, comme je l'ai évoqué plus haut. Il convient de noter ici que le travail des chercheurs dans ce contexte revient à marcher sur une fine ligne entre l'interdit et le permis. Il convient de souligner que les interrogateurs ont tout fait pour faire parler l'accusé et lui donner une version. Cependant, en vain. L'accusé est resté ferme dans sa position tout au long des interrogatoires (sauf pour le processus de doublage qui a été détaillé ci-dessus), il a gardé son sang-froid et a respecté le droit de garder le silence même en montrant une attitude méprisante envers les interrogateurs.