Depuis le jugement rendu par l'Autorité d'appel pénale 1611/16 État d'Israël c. Vardi (31 octobre 2018), il ne fait aucun doute que la discrimination inappropriée dans le cadre de la poursuite constitue une défense contre la justice, même si ce n'est pas une discrimination intentionnelle, mais plutôt une discrimination créée en raison d'une négligence ou d'une erreur de jugement de la part des autorités d'exécution. Comme il est dit là-bas : «Le principe de protection contre la justice doit être interprété de manière à conduire à la réalisation des valeurs d'égalité devant la loi, et à la pleine réalisation du droit du prévenu à un procès équitable, tandis que la question du mobile est moins importante dans un tel cas» (paragraphe 88 du jugement du vice-président Hendel). Cette règle a été rendue suite à ma décision du 18 février 2018, mentionnée plus haut, dans laquelle j'ai annulé, pour des raisons de protection contre la justice, l'infraction d'entrave à la justice pour laquelle Fischer avait été inculpé dans la seconde partie de l'acte d'accusation dans « l'affaire Buchan », alors que Malka n'avait pas été poursuivi pour cette infraction. Comme mentionné, en ce qui concerne l'accusation de « réunion nocturne », le sentiment de justice et d'équité est encore plus répugnant, car il ne s'agit pas d'un cas où Malka n'a pas été poursuivi au départ, mais plutôt d'une omission de son nom dans l'acte d'accusation Après qu'il y soit déjà apparu, et lorsque les explications de cette affirmation changent de temps en temps, certaines se contredisent, et au final aucune ne peut être acceptée. Concernant la position incohérente dans une procédure pénale par le parquet, il a été déclaré que «L'esprit est mal à l'aise avec ce comportement... On peut s'attendre à ce que la position du ministère public concernant les considérations qui guident la conduite d'une procédure pénale donnée soit uniforme et cohérente" (Appel pénal 1292/06) Turc c. État d'Israël, paragraphe 78 (20 juillet 2009)). Le choix de l'accusation, au fil des années de litiges, de fournir quatre explications infructueuses pour le processus déroutant de retirer Malka de l'accusation de « réunion nocturne », au lieu d'accepter dès le départ les demandes de Fischer et d'agir de la même manière envers lui, devrait accepter les conséquences maximales possibles au moment de la condamnation, et être exprimé dans une punition prospective uniquement pour l'affaire de la réunion nocturne, sans véritable sanction pour la condamnation de Fischer pour cette accusation (à comparer au jugement du juge Barak-Erez dans cette affaire Vardi, paragraphe 11).