Juge Dafna Barak-Erez :
Je suis d'accord avec le jugement de mon collègue, le Vice-Président N. Sohlberg, tant en ce qui concerne les défauts survenus dans le processus législatif que concernant le manquement de la loi devant nous à se conformer aux conditions de la clause de prescription. Par conséquent, comme mes collègues, je me contenterai de faire de brèves remarques.
Concernant le raisonnement de mon collègue le Vice-Président, j'ajouterais qu'à mon avis, je penche pour l'approche selon laquelle l'examen de l'objectif de la loi ne devrait pas se limiter à son langage explicite. Je préciserai également que, selon moi, « la suspension de la détention des étudiants de yeshiva dont la Torah est leur art » n'est pas un but concret de la loi, mais plutôt le moyen choisi par le législateur pour réaliser l'objectif général mentionné, à savoir la reconnaissance de l'importance de l'étude de la Torah. Puisque c'est là que nous devrions nous concentrer, la conclusion selon laquelle il s'agit d'une mesure qui, dans les circonstances de l'affaire, est inappropriée et disproportionnée devient encore plus tranchante. Je souhaite également rejoindre les commentaires de mon collègue le juge Y. Willner, qui m'ont été soumis, concernant l'application des tests de proportionnalité.
De manière plus générale, j'ajouterais que, de mon point de vue, la loi examinée est avant tout une loi nuisible et invalide, car elle sape un fondement institutionnalisé de l'État de droit - l'égalité dans l'application du droit pénal. Il ne s'agit pas d'une discrimination résultant du hasard ou d'un manque de moyens, mais plutôt d'une discrimination institutionnalisée par l'application, dont la place ne sera pas reconnue dans le code de la loi. Une telle discrimination flagrante érodage le sens de la justice et sape la légitimité de l'application de la loi dans d'autres contextes également. Même s'il peut y avoir des opinions différentes sur la question de la fixation d'exceptions délimitantes à l'obligation de conscription, il ne s'agit pas de contestation sur le devoir fondamental de l'État d'assurer l'égalité devant la loi.