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Affaire de crimes graves (Beer Sheva) 63357-03-18 État d’Israël – F.M.D. contre Assaf Masoud Suissa - part 184

février 15, 2021
Impression

Cette attitude du prévenu 2 a atteint son apogée à la fin du témoignage principal, lorsque le prévenu 2 a dit : « Je ne comprends pas où je suis, je ne comprends pas ce qui se passe, je ne comprends pas comment je suis lié à cela, je ne comprends pas comment cela a pu se retrouver dans la même situation que celle dans laquelle je me trouve dans ce système » (p. 473, para. 19).  C'est une déclaration inconcevable et stupéfiante, car même selon sa version, dans la formulation la plus clémente, le prévenu 2 faisait partie d'un incident où, à la suite de ses actes avec le prévenu 1, par désir de prendre possession des drogues du défunt sans les payer, la mort du défunt a été accidentellement causée, et il a même été complice dans le feu à la voiture alors que le défunt était à l'intérieur, dans le cadre de la tentative de dissimulation des preuves.  Il est difficile de choquer une situation où un jeune homme d'environ 20 ans, qui se définit comme normatif, raconte calmement des actes très difficiles qu'il a commis cette nuit-là (comme exprimé dans une version très adoucie), et est incapable de comprendre comment il est lié à l'affaire ni pourquoi il est venu au tribunal.  C'est une affirmation qui illustre le mieux le fait que le Prévenu 2 est constamment concentré sur lui-même et sur la question de la manière dont les choses vont l'affecter et le cours de sa vie ; Cela ressemble à son comportement à la fin de son premier interrogatoire policier et à ses tentatives de négocier avec les enquêteurs la compensation qu'il recevrait s'il parlait, et il semble que ces mots parlent d'eux-mêmes.

De plus, tout au long de son témoignage, le Défendeur 2 a réitéré l'affirmation selon laquelle les interrogateurs l'avaient menacé pendant l'interrogatoire et lui avaient dit que s'il déversait tout sur le Défendeur 1, il serait libéré, même s'il avait beaucoup de mal à expliquer le lien entre ces menaces et la violation présumée de ses droits, ainsi que ce qu'il avait dit à la police ; et il n'a pas pu expliquer pourquoi, selon lui, il avait menti sur les mêmes éléments qu'il avait rétractés dans son témoignage.  Ainsi, d'une manière qui illustrait l'impression d'une personne manipulatrice et égocentrique, le Défendeur 2 a réitéré, en réponse à de nombreuses questions, avec ou sans lien avec la question, que les interrogateurs avaient exercé des pressions et des menaces sur lui et l'avaient privé de ses droits, comme une sorte de mantra ou de réponse automatique qu'il répétait tout au long du témoignage ; De même, il a répété que son avocat lui avait demandé de s'en tenir à la même version.  Ainsi, par exemple, lorsque le tribunal lui a demandé d'expliquer les mensonges qu'il aurait racontés dans ses déclarations sous l'influence des interrogateurs, il a répondu non à la question (et nous avons même commenté cela, voir pp. 467-468) ; Plus tard, il trouva refuge dans les mêmes affirmations répétées alors qu'il s'emmêlait dans ses réponses lors du contre-interrogatoire, et il fut de nouveau noté qu'il ne répondait pas à la question et répétait les mêmes affirmations encore et encore au lieu de répondre aux questions (voir pp. 495, 27-496, 3, pp. 496, 19-21, 498, 4-7).  Dans ce contexte, je note que l'intensification et l'exagération du Prévenu 2 concernant les injustices prétendument infligées par les interrogateurs et le sentiment de victimisation qu'il a exprimé, par exemple dans ses mots : « Quand on vous amenait dans une pièce et qu'on vous disait : 'Nous savons pour le meurtre, nous savons ce qui s'est passé, votre partenaire a tout ouvert contre vous,  une guillotine est placée sur vous', n'est-ce pas des menaces ? N'est-ce pas s'adresser à une personne sous la forme d'un piétinement ?  N'est-ce pas ? » (p. 501, paras. 8-10) ; Contrairement au manque d'empathie qu'il a montré envers le défunt et sa famille, ainsi qu'au manque de lucidité qu'il a démontré quant à la gravité de son comportement dans l'incident même selon sa nouvelle version (et voir les commentaires du tribunal dans ce contexte, pp. 506-507, 511-512).

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