Comme l'a souligné l'avocat du prévenu 2, ses arguments en faveur de l'inadmissibilité des déclarations du prévenu 2 reposent sur la doctrine de l'invalidité judiciaire énoncée dans l'appel pénal 5121/98 Issacharov c. Procureur militaire en chef et al. [publié dans Nevo] (4 mai 2006) (ci-après : la décision Issacharov) ; lorsque l'on alléguait que le droit à un avocat du prévenu 2 avait été violé et que divers stratagèmes avaient été utilisés contre lui lors de l'interrogatoire, y compris des promesses qu'il serait libéré de sa détention s'il fournissait une version compromettante contre le prévenu 1.
Dans la décision Issacharov, une doctrine d'inadmissibilité relative a été établie, selon laquelle le tribunal statuera sur l'admissibilité des preuves obtenues illégalement conformément aux circonstances qui lui sont présentées et à sa discrétion. Il a été jugé que le tribunal peut déterminer que la preuve est irrecevable lorsque deux conditions cumulatives sont remplies : premièrement, que la preuve ait été obtenue illégalement, c'est-à-dire par des interrogatoires contraires à la loi ou à la procédure contraignante, par des moyens déraisonnables, ou par des moyens violant illégalement un droit fondamental protégé ; La seconde est que l'admission de preuves au procès entraînera une violation réelle du droit du prévenu à un procès équitable, pour un usage inapproprié, et dans une mesure qui dépasse ce qui est requis. Il a également été jugé que, pour trancher la deuxième question, le tribunal doit examiner les circonstances de l'affaire selon diverses considérations, qui peuvent être divisées en trois grands groupes : la nature et la gravité de l'illégalité ou du comportement inapproprié des autorités d'exécution, qui ont conduit à l'obtention des preuves ; dans quelle mesure les moyens inappropriés influencent les preuves obtenues ; et le préjudice par rapport au bénéfice social impliqué dans l'invalidation des preuves.
Il semble qu'il ne puisse y avoir aucun doute sur l'importance du droit de consulter un avocat, qui a été reconnu en jurisprudence comme un droit fondamental de nature constitutionnelle, et qui a même été consacré à l'article 34 de la Loi sur les détentions. Le droit à un avocat garantit que le suspect est conscient de tous ses droits, y compris le droit à l'immunité contre l'auto-incrimination et le droit de garder le silence, garantit l'équité et la légitimité des procédures d'interrogatoire, et empêche l'abus des disparités de pouvoir intégrées entre le détenu et ses interrogateurs (voir l'affaire Sanker). Parallèlement, comme indiqué dans la décision Issacharov, la violation même du droit à un avocat ne conduira pas nécessairement à l'invalidation de la confession, et la totalité des circonstances et des critères établis doit être examinée, ainsi que l'effet de cette atteinte sur la liberté de volonté de l'interrogé et sur le poids de sa confession (voir aussi Criminal Appeal 1094/07 Dadoun c. État d'Israël [publié dans Nevo] (3 juillet 2008)).