De plus, comme indiqué, au milieu du premier interrogatoire du prévenu 1, qui a commencé par un témoignage ouvert, l'enquêteur Asher Hasson est entré (après que l'enquêteur Benita ait reçu un appel téléphonique, soit sorti de la pièce et soit revenu avec lui), a informé le prévenu 1 qu'il était suspect dans le meurtre, l'a informé de ses droits et a renoncé à sa consultation avec un avocat (P/1A, pp. 17, 19 à 18, 34). L'examen du matériel d'enquête montre, tout comme l'a expliqué le surintendant Michaeli, qu'à ce stade il n'y avait aucune preuve reliant le prévenu 1 au meurtre, à l'exception de mensonges et de contradictions lors de son interrogatoire et du soupçon qu'il se trouvait à la station-service de Paz malgré sa déclaration de ne pas avoir quitté la maison. Il convient de noter à cet égard qu'à ce stade, les enquêteurs ne disposaient que d'une photo téléphonique des caméras de sécurité du magasin « Jaune » à la station-service « Paz », qui comprenait une personne ressemblant au prévenu 1 (et qui, rétrospectivement, s'est avérée être le défendeur 2) entrant dans l'épicerie, et il n'y avait aucune mention de quiconque ayant acheté ou tenté d'acheter du carburant ; tandis que les vidéos de la station-service « Tapuz » où les prévenus étaient vus en train d'acheter de l'essence n'ont été téléchargées que le lendemain. Après la reconstruction réalisée avec le défendeur 1 (voir P/69, P/63, P/56A, P/57A). Cette affaire témoigne en fait de la prudence excessive dont a fait preuve l'enquêteur Hasson lors de l'interrogatoire du prévenu 1, et réfute en fait l'affirmation de la défense selon laquelle un exercice d'interrogatoire prévu aurait été mené afin de présenter aux prévenus une fausse déclaration selon laquelle il ne s'agissait que d'une affaire de drogue. Il convient également de noter qu'à partir de cet interrogatoire, le prévenu 1 a été interrogé lors de tous ses interrogatoires sous suspicion de meurtre, y compris le troisième interrogatoire (P/3) où l'interrogateur s'est concentré avec lui sur le but de ne rapporter de la drogue que, selon lui, dans une sorte d'exercice d'interrogatoire.