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Affaire civile (Tel Aviv) 49593-12-22 Amit Steinhardt c. Eliyahu Eshed

novembre 13, 2025
Impression
Tribunal de magistrats de Tel Aviv-Jaffa

 

Affaire civile 49593-12-22 Steinhardt c.  Eshed

 

 

 

Devant l’honorable juge Ronen Ilan

 

Ledemandeur : Amit Steinhart

Par l’avocat Roy Tibi

 

Contre

 

Ledéfendeur : Eliyahu Eshed

Par l’avocat Matityahu Baruchim

 

 

 

Jugement

 

 

Est-il possible d'identifier le personnage d'un méchant littéraire comme un homme de chair et de sang?

Le défendeur a écrit et publié plusieurs chapitres sous le titre « La fraude bulgare », qu'il a défini à l'avance comme une œuvre de fiction.  Dans le même livre, l'accusé présente un complot complexe de crime, d'espionnage et de fraude qui se déroule à travers l'Europe et se concentre sur la Bulgarie.  Une intrigue dans laquelle des personnages créés par l'accusé sont « mis en vedette » et, à côté d'eux, sont mentionnés de vrais personnages comme le président russe.  Et parmi les personnages qui jouent dans le livre, il y a aussi le personnage d'un méchant littéraire.  Une personne à qui l'on présente un surnom péjoratif qui fait référence aux dimensions de son corps et qui est décrite de façon négative.

Selon le plaignant, la description de ce méchant montre qu'il ne s'agit pas du tout d'un personnage fictif, mais plutôt de son propre personnage.  Parce que ceux qui lisent les chapitres du livre le reconnaissent facilement lui-même comme le personnage de ce méchant.  Ce faisant, le défendeur a commis contre lui le délit de diffamation et de violation grave de la vie privée, sous couvert d'une création fictive.  Et ce n'est pas un hasard que le défendeur a agi, puisque selon la version du demandeur, le défendeur a cherché à le harceler et à lui nuire suite à un différend antérieur entre eux.

Le défendeur, l'auteur, nie catégoriquement ces allégations.  L'histoire est une création complètement fictive, affirme le défendeur.  Le demandeur, selon sa version, lui a servi au mieux d'inspiration légitime, tout comme d'autres événements ont constitué une telle inspiration, mais il n'y a aucune base pour tenter d'identifier le demandeur à une quelconque personnalité du livre, et en tout cas il n'y a aucune base pour tenter de lui attribuer la commission d'un délit contre le demandeur.

Au cœur des différends survenus entre les parties se trouve donc la question de savoir si le caractère créé par le défendeur dans le livre qu'il a publié peut être identifié à la figure du demandeur.  Dans la mesure où il est établi qu'il est effectivement possible d'identifier le caractère de cette façon, la question de la tension entre le droit du demandeur à sa réputation et à sa vie privée et le droit du défendeur à rechercher l'expression et l'œuvre sera examinée.  Il sera également nécessaire d'examiner le recours approprié dans les circonstances de l'affaire et dans la mesure où il est établi qu'une injustice a été commise contre le demandeur, et dans ce cadre la question de savoir si nous avons affaire à de nombreuses publications ou peut-être à un seul ensemble de publications, et si une intention de nuire au demandeur a été prouvée.

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