Lors de son dernier interrogatoire, le prévenu 2 s'est identifié, ainsi que le défendeur 1, dans les images des caméras de sécurité lorsqu'ils ont caché leurs manteaux avant d'aller acheter du carburant et lorsqu'ils sont arrivés pour les récupérer après l'incendie criminel, et a expliqué que « [le prévenu 1] m'a dit de mettre ma veste dans le buisson afin que les caméras ne nous identifient pas... Et j'ai agi par peur, il a menacé ma famille » (P/15, paras. 17-33).
Lorsqu'on lui a demandé s'il avait parlé au prévenu 1 après leur rupture suite au meurtre, il a répondu qu'il ne s'en souvenait pas mais qu'il l'avait rencontré à une fête, alors l'accusé 1 lui a dit que le corps avait été brûlé et qu'il était nerveux, et en a parlé à son amie Sally, en disant : « J'ai éclaté en sanglots et je n'ai plus pu me retenir. » Lorsqu'on lui a demandé ce qu'il avait fait à la fête à part pleurer, il a répondu qu'il avait bu un peu et fumé à cause des drogues que le prévenu 1 avait apportées au défunt, et « après avoir bu et fumé, tout m'est revenu et j'ai dit à mon ami que je voulais en parler à mes parents mais je ne trouvais pas les mots et il a aussi menacé ma famille, je l'ai juste dit à mon amie parce qu'elle était proche de moi et je ne lui ai pas trop dit parce que j'avais aussi peur pour sa vie » (ibid. aux pages 113-127).
Lorsqu'on lui a écouté un appel téléphonique (appel du 23-15-25 du 27 février 2018), le prévenu 2 a dit qu'il s'agissait d'une conversation entre lui et le prévenu 1, au cours de laquelle ils discutaient du transport vers la fête et qu'ils se rencontreraient, et il a demandé au prévenu 1 s'il y avait des nouveautés concernant l'affaire de meurtre ; lors de la fête, l'accusé 1 l'a informé que le corps avait été incinéré et n'avait pas été retrouvé. Lorsqu'on lui a dit que dans la conversation, le défendeur 1 le maudissait pour être allé travailler et l'avoir mal sorti, il a répondu que le défendeur 1 lui avait dit de ne pas aller travailler et de dire au responsable qu'il ne se sentait pas bien, mais « je ne pouvais tout simplement pas rester à la maison après l'incident et je voulais effacer ce sentiment, préférant aller travailler et oublier » (ibid. aux par. 126-128). Quand on lui a dit que dans la conversation ils parlaient comme de bons amis et que rien n'avait été entendu qui corresponde à la peur de leur part, il a répondu : « J'ai parlé normalement, comme je vous l'ai dit, j'étais traumatisé, tout était normal, j'ai essayé d'oublier l'incident et c'est pour ça que j'ai agi normalement. Et ce n'est pas du tout moi » (ibid., 141-145). Lorsqu'on lui a montré les images des caméras de sécurité de la fête, et qu'on lui a dit qu'il ne semblait pas avoir peur du défendeur 1, il a répondu que ce n'était pas vrai, que même pendant la fête il ne s'était pas assis avec le prévenu 1 car il ne pouvait pas être à ses côtés, c'était difficile pour lui et il a donc pleuré et raconté à Sally (ibid. aux pages 145-146).