Qui croit à une promesse de l’administration ?
Articles

Qui croit à une promesse de l’administration ?

décembre 22, 2010
Impression
PDF

Même si un organisme gouvernemental ou une autorité publique vous a fait une promesse, le dernier mot n'est peut-être pas dit. Dans certaines circonstances, l'autorité peut revenir sur ses accords, même s'ils sont ancrés dans un contrat signé—une situation qui engendre frustration et méfiance. Quel est donc le pouvoir d'une promesse administrative et dans quelle mesure peut-on s'y fier ?

Étude de cas récente : La Cour suprême a récemment rendu une décision dans l'affaire Israel Electric Corporation c. Conseil régional du Golan. La question débattue était de savoir si une autorité locale est autorisée à se libérer d'un contrat dans lequel elle a accepté une réduction de la taxe municipale (Arnona). L'autorité a fait valoir qu'un changement s'était produit dans l'arrêté relatif à la taxe municipale concernant la classification des biens, et que des modifications avaient été apportées à la loi générale sur la taxe municipale de 2002, qui fixait un taux minimum nettement supérieur au taux prévu dans le contrat.

Les juges étaient partagés sur le droit de l'autorité locale de se retirer du contrat :

  • Opinion minoritaire : L'obligation contractuelle doit être honorée. Étant donné que l'écart financier entre la charge minimale et la charge actualisée était relativement faible, il n'y avait aucune justification pour s'appuyer sur l'argument de l'atteinte à l'intérêt public.

  • Opinion majoritaire : L'autorité est autorisée à revenir sur sa promesse dans les cas où l'intérêt public prévaut, ainsi que dans les cas où la promesse administrative viole la loi ou excède la compétence de l'autorité (excès de pouvoir).

De ce qui précède, nous apprenons qu'une autorité locale a le droit de se retirer de ses promesses administratives, même celles ancrées dans des contrats, si des vices fondamentaux sont constatés dans la conduite de l'autorité, violant la loi et portant préjudice au grand public. En outre, l'opinion majoritaire suggère que le montant financier spécifique n'est pas le facteur décisif.

Par conséquent, avant de signer un contrat contenant une promesse administrative favorable au citoyen, il convient d'abord d'examiner plusieurs facteurs :

  • Autorité : La promesse a-t-elle été faite par une personne autorisée à la faire ?

  • Validité : La promesse a-t-elle une validité juridique ?

  • Capacité : L'autorité a-t-elle la capacité réelle de tenir sa promesse ?

  • Justification : Y a-t-il une justification légale à la promesse ?

Contrairement aux contrats conclus avec une entité privée, lorsqu'on traite avec une autorité publique (y compris les sociétés municipales), un protocole de droits de signature, une résolution du conseil d'administration ou une décision d'assemblée ne suffisent pas. Il est exigé que ces décisions s'inscrivent strictement dans le cadre des pouvoirs statutaires de l'autorité. Mes 20 années d'expérience dans ce domaine m'ont appris que ces règles sont complexes et varient d'une entité à l'autre.

De plus, même si les mesures correctes ont été prises pour approuver l'engagement et signer le contrat du côté de l'autorité, un examen de la capacité publique de l'autorité à conclure le contrat du point de vue de l'ordre public est nécessaire. Pour cela également, il est important de consulter un avocat ayant de nombreuses années d'expertise en droit administratif. Enfin, les décisions de justice rendues au fil des ans nous enseignent que même si une autorité annonce l'annulation d'une promesse administrative, dans certains cas, cette décision peut être contestée, à condition que les bonnes mesures soient prises en temps utile.